La visite de Nicolas Sarkozy en Algérie se résume en quelques mots, trouvés au hasard par lui-même ou un de ses conseillers, afin de réussir le numéro d'équilibriste qui consiste à justifier l'injustifiable, c'est-à-dire le vote par les députés UMP ( parti qu'il préside) de la loi du 23 février 2005 qui impose aux manuels scolaires de mentionner " le caractère positif de la présence française outre-mer " (on croit rêver encore en entendant cela). Ces mots sont les suivants : "on ne peut pas demander à des enfants de s'excuser sur ce qu'ont fait leur parents.". Dit comme cela, on peut être pris au piège quelques instants, mais on se rend bien compte que cela est loin d'être convaincant. Ce n'est pas une phrase qui est à la hauteur d'un présidentiable, au même titre que les mots "Karcher" et " racaiille" utilisés naguère, mais dont les effets négatifs cette fois, ne se sont pas encore évaporés. En réalité, il ne s'agit pas d'enfants ni de parents, il s'agit de la France. Et si l'Etat français a commis une erreur historique, c'est à tout à l'honneur de ceux qui en ont la charge aujourd'hui de le reconnaître. Ceci a d'ailleurs été fait par le Président Chirac en 1995 lorsqu'il s'est agi de reconnaître la responsabilité de l'Etat français dans le mise en oeuvre de "la solution finale" à l'occasion de la commémoration la rafle du Vel' d'Hiv' qui a eu lieu à Paris en 1942.
Voilà donc toute la question renvoyée aux calendes grecques par une phrase qui ne signifie pas grand chose. De deux choses l'une : soit Sarkozy pense que la France n'a pas à s'excuser puisqu'elle n'a pas fait grand mal alors il n'a pas pris les algériens au sérieux lors de son séjour, soit il pense le contraire, et ce serait à son honneur, et surtout à l'honneur de la France, de le reconnaître. Cette position assise entre deux chaises ne tiendra pas longtemps, car les deux pays sont condamnés à vivre ensemble puisque, comme le Président Bouteflika l'a dit : "Ni la France, ni l'Algérie n'ont l'intention de déménager."