Il est toujours facile de considérer que l'autre est intolérant vis-à-vis de nous parce qu'il ne prête aucune oreille attentive à nos préoccupations, à notre couleur de peau, à notre culture, à notre façon de boire du café ou de réveiller nos enfants le matin pour aller à l'école. L'intolérance, c'est de ne pas supporter l'autre, ce n'est pas de ne pas aimer l'autre. Car on peut ne pas aimer une personne, sa façon de se tenir, ses boucles d'oreilles et son air vulgaire à notre sens, mais la tolérer quand même et composer avec cette réalité. La question de la tolérance se pose aussi, on l'oublie souvent, pour les minorités qui se plaignent de l'intolérance. Quelle est alors leur attitude vis-à-vis de l'autre, celui qu'elles mettent en accusation ? Le tolèrent-elles toujours, ou éprouvent-elles de la répulsion pour lui à cause de son attitude ou tout simplement de la couleur de ses yeux ou de la façon dont il se coiffe ?
En réalité, l'hétérophobie, tel qu'elle a été définie par Albert Memmi dans son livre sur le racisme, est un sentiment que partagent beaucoups d'humains, comme la violence. Il s'agit de le dépasser, de le maîtriser, voire même de le neutraliser par le savoir. Le savoir est en effet la seule arme possible contre la barbarie ambiante.
J'ai animé hier dans une ville de banlieue un débat autour de la diversité culturelle et de la lutte contre les discriminations. Les intervenants sensés faire partie de la majorité qui inflige ces discriminations diverses aux minorités représentées étaient d'apparence plutôt ouverts, compréhensifs et même un brin cupabilisés. Les discriminés eux, ou leurs représentants, ont eu l'air offensifs voire même agressifs dans leurs propos. Ceci au point où je me suis demandé si nous n'étions pas en train d'inverser les rôles le temps d'un échange. La dignité de l'homme n'est pas de marcher sur son prochain, quel qu'il soit. Si je mets mon pied sur le corps d'un autre, il y va de la dignité de mon pied. La tentation de la vangeance est destructrice, voire même autodestructrice, et les émeutes des banlieues en novembre le prouvent.
L'intolérance est avant tout l'ignorance de l'autre. Elle a pour contraire donc le savoir de l'autre, c'est-à-dire sa connaissance. Et cela ne s'obtient pas sans efforts. Et les efforts doivent être faits par tous.
Avoir été victime de racisme n'est pas un certificat de tolérance. Certains comme l'humouriste Dieudonné le prouvent aujourd'hui. Soyons donc tous vigilants. Et balayons d'abord devant notre porte avant de nous plaindre du voisin.
En réalité, l'hétérophobie, tel qu'elle a été définie par Albert Memmi dans son livre sur le racisme, est un sentiment que partagent beaucoups d'humains, comme la violence. Il s'agit de le dépasser, de le maîtriser, voire même de le neutraliser par le savoir. Le savoir est en effet la seule arme possible contre la barbarie ambiante.
J'ai animé hier dans une ville de banlieue un débat autour de la diversité culturelle et de la lutte contre les discriminations. Les intervenants sensés faire partie de la majorité qui inflige ces discriminations diverses aux minorités représentées étaient d'apparence plutôt ouverts, compréhensifs et même un brin cupabilisés. Les discriminés eux, ou leurs représentants, ont eu l'air offensifs voire même agressifs dans leurs propos. Ceci au point où je me suis demandé si nous n'étions pas en train d'inverser les rôles le temps d'un échange. La dignité de l'homme n'est pas de marcher sur son prochain, quel qu'il soit. Si je mets mon pied sur le corps d'un autre, il y va de la dignité de mon pied. La tentation de la vangeance est destructrice, voire même autodestructrice, et les émeutes des banlieues en novembre le prouvent.
L'intolérance est avant tout l'ignorance de l'autre. Elle a pour contraire donc le savoir de l'autre, c'est-à-dire sa connaissance. Et cela ne s'obtient pas sans efforts. Et les efforts doivent être faits par tous.
Avoir été victime de racisme n'est pas un certificat de tolérance. Certains comme l'humouriste Dieudonné le prouvent aujourd'hui. Soyons donc tous vigilants. Et balayons d'abord devant notre porte avant de nous plaindre du voisin.
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