Ce qui manque réellement dans cette société française des années 2000, c'est la force de conviction. Un homme comme le Zola de l'affaire Drayfus n'y aurait sans doute pas sa place : il croyait réellement à des principes fondamentaux auxquels il ne voulait pas renoncer quel qu'en était le prix. Dreyfus était aussi dans cette lignée avec d'autres (heureusement pour la France) lors de ce tournant de 1897. L'absence quasi-totale de vrais contre-pouvoirs dans notre pays aujourd'hui célèbre la loi du plus fort et empêche des individus intelligents et dotés d'un certain bon sens de donner libre cours à leur liberté d'action et de création au service de la société. Ils sont en effet vérouillés par un système qui pourrait leur couper les vivres à la moindre contestation ou à la moindre volonté d'émancipation. Ceci s'approche de ce que nous connaissons dans les dictatures : les sociétés muselées qui provoquent la castration des individus sont vouées à la mort et à la destruction. Aujourd'hui en France , des hommes tissent des réseaux, se construisent des pouvoirs incontournables, menacent ceux qui s'opposent à eux, agissent en vrais desperados et font taire les commentaires autour d'eux. Ils ont une telle faculté de nuisance que personne n'ose les contredire même dans leurs agissements les plus absurdes et les plus nuisibles. Ces descriptions ne correspondent pas uniquement à ce qui peut se passer en politique. Dans telle ou telle organisation, des hommes et des femmes tout à fait sensés en apparence peuvent assister à une réunion présidée par un prince capricieux qui éructe sous leurs yeux sans qu'ils s'en offusquent. Il peut faire des propostions que tout le monde trouve en secret scandaleuses et allant dans le sens de la régression, cela ne les perturbe pas ni ne les fait réagir. Ils louent, bien au contraire les mérites du prince de la descente aux enfers. Trop d'intérêts à sauvegarder, tant pis pour les principes et le bien commun.
Vous me direz que ceci a existé de toute éternité et je répondrai certes ; il me semble néanmoins que les béni-oui oui sont plus massivement représentés aujourd'hui et cela est un signe inquiétant.
La force de conviction est une chose qui se raréfie aussi quand le travail se raréfie, que le chômege menace et que la subsistance est en danger. Alors on se tait ou on parle au risque de subir de graves conséquences.
Mais Tahar Djaout, le premier écrivain algérien assassiné par l'obscurantisme, mort sur les champs d'honneur, n'a-t-il pas dit très justement : "Si tu te tais, tu meurs et si tu parles tu meurs ; alors parle et meurs.".
Vous me direz que ceci a existé de toute éternité et je répondrai certes ; il me semble néanmoins que les béni-oui oui sont plus massivement représentés aujourd'hui et cela est un signe inquiétant.
La force de conviction est une chose qui se raréfie aussi quand le travail se raréfie, que le chômege menace et que la subsistance est en danger. Alors on se tait ou on parle au risque de subir de graves conséquences.
Mais Tahar Djaout, le premier écrivain algérien assassiné par l'obscurantisme, mort sur les champs d'honneur, n'a-t-il pas dit très justement : "Si tu te tais, tu meurs et si tu parles tu meurs ; alors parle et meurs.".
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